Brocoli et Cie, artisan soupier à Strasbourg, Alsace

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Il avait soupé du cinéma, DNA du 20 janvier 2010

Article de Barbara Romero

Producteur de films, peintre, et maintenant créateur d’une entreprise de soupes bio... Bernard Imbs fait dans le parcours atypique avec pour leitmotiv la création.

Un nom sympa, un design efficace et un concept ultra tendance. Brocoli et Cie, c’est du tout bio, tout beau. Une dizaine de recettes de soupes pour l’hiver, des gaspachos, des coulis, des huiles aromatisées pour l’été. Sans oublier les «brocos», pure invention maison, sorte de spaetzele composé à 50 % de légumes. Peut-être un appât idéal pour convaincre nos chères têtes blondes d’apprécier les légumes !

Ciné, peinture, soupes

Derrière ce concept, Bernard Imbs, la petite cinquantaine. Un homme au visage rond et souriant, au parcours pour le moins atypique. En 1978, il crée la société de production de films Via Storia et emploie une dizaine de personnes. En 1996, il vend son affaire et décide de se consacrer à la peinture de manière professionnelle. Et çà marche plutôt bien pour lui. «Mais je ne suis pas fait pour travailler seul, j’ai besoin d’être entouré de monde, il fallait que je trouve autre chose», confie-t-il aujourd’hui.


En 2007, ne sachant plus trop quoi faire avec ses pinceaux, il se lance dans une démarche introspective. «J’ai alors réalisé que trois choses me motivaient dans ma vie: la création, être entouré d’une équipe et avoir une activité qui ait un sens humain.» L’idée de créer une société de soupes vient naturellement: «Je voulais une entreprise qui puisse aider les autres, un produit simple, facilement accessible et convivial, explique-t-il. Et puis j’aime la soupe!»

Son associé Christophe Sauvage s’occupe de la partie graphique. Bernard découvre les normes d’hygiène, la stérilisation, la mise en bouteille, le parcours strict pour obtenir le label AB. Il investit dans le matériel, s’installe dans les locaux de la Cité Relais à l’Elsau.

Objectif: entreprise d’insertion

Il adapte des recettes de soupes piochées sur internet et invente les autres. A la clé, des recettes alléchantes ou surprenantes, «pois chiche à l’orientale», «moulinée à l’ancienne aux cinq légumes», «lentille corail noix de coco», «velouté d’endives, bière, curry», entre autres (de 4€ à 6,30€).

En septembre dernier, il commence le test public sur les marchés de la Krutenau, le mercredi, et de la Marne, le samedi. «C’est la plus riche de toutes mes activités, sourit-il. Je suis enfin au contact de la vraie vie, en rencontrant des vrais gens». Des bars et restos - l’Artichaut, l’Abattoir café, le Scala ou Paco de Maria - craquent pour ses soupes. Il attend pour cette année deux-trois grosses commandes fermes avec des grossistes. De 20 bouteilles vendues au début de l’activité, Brocoli et Cie est passée à 2000 bouteilles par mois. «Nous pensons pouvoir doubler, voire tripler notre capacité de production cette année", se réjouit-il.

Mais son objectif premier est d’obtenir l’agrément «entreprise d’insertion» courant du trimestre. «J’ai vraiment envie d’utiliser mon activité économique pour donner un coup de main aux personnes très éloignées de l’emploi.»

 

Son premier employé n’est autre que Théodore, Roumain expatrié et menacé d’expulsion avant de rejoindre les fourneaux de Brocoli et Cie ...

Barbara Romero

 

Le saviez-vous ?

 

L'épeautre, appelé aussi « blé des Gaulois » est une céréale dont la culture remonte à plus de 5000 ans, ce qui en fait l'un des plus anciens grains cultivés. C’est un blé d'automne rustique tolérant les hivers rigoureux, dont la culture n’exige pas de pesticides comme les blés modernes.